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THÈMES


Comportement

L’observation et la prise en compte des comportements du chien sont indispensables à la construction d’une relation équilibrée avec lui. Les instincts naturels des chiens sont en effet à comprendre pour les orienter, les modérer ou les encourager. Trouvez dans ces textes les informations, conseils et témoignages qui vous y aideront.

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Comportement

Ces phobies qui font souffrir nos chiens

Mais qu'est-ce qu'une phobie ? C'est une peur excessive, maladive, d'un stimulus tel qu'un bruit, un objet, une situation, ...

Ces phobies sont bien connues chez le chien car elles sont très fréquentes. C'est particulièrement le cas des phobies aux bruits, mais aussi des peurs liées aux uniformes, casquettes, ...

Qui ne connaît pas un propriétaire dont l'animal est effrayé par les feux d'artifices, les pétards, le tonnerre, ou les autres bruits de la rue (motos, ...) ! Si certaines de ces phobies ne posent de problème que très occasionnellement (feux d'artifice, pétards, ...), d'autres représentent un souci quasi-permanent, empêchant parfois les maîtres de promener leur chien dans la rue (bruits de motos, camions, rollers, ...).

1- Les phobies : genèse, processus et évolution d'une phobie non traitée

A- Les phobies du jeune

Elles résultent d'une mauvaise socialisation, avant l'âge de 3 mois. En effet, la période de socialisation du chiot, c'est-à-dire la période où l'on doit lui montrer le maximum de chose pour l'habituer (bruits de la ville, chats, chiens, enfants, ...) se déroule de l'âge de 3 semaines à 3 mois. Or souvent, durant cette période, le chiot est enfermé chez l'éleveur, à la campagne, et lorsque le nouveau maître l'acquiert, il n'ose pas le sortir. Le chiot risque alors de ne pas s'habituer aux différentes situations de la vie courante. Il en résulte l'apparition de phobies qu'il faudra identifier et traiter rapidement, sous peine de les voir s'aggraver avec le temps.

B- Les phobies de l'adulte

Ici, c'est le chien adulte qui va développer une crainte lorsqu'il est soumis à un stimulus violent, auquel il n'avait jamais été habitué. C'est par exemple le chien qui, ayant vécu un accident de voiture, va développer une peur panique des véhicules, ne pouvant ni monter dedans, ni même parfois en entendre le bruit.

C- Evolution d'une phobie

Correctement traitée, la phobie s'estompera progressivement, alors que non soignée, elle peut se transformer en anxiété intermittente, voire en anxiété permanente, surtout si l'animal est soumis au stimulus donné de manière très fréquente.

2- Les principales phobies du chien - Symptômes

A- Les principales phobies

Elles proviennent, en général, d'un défaut de socialisation.

- Les phobies aux bruits

On peut théoriquement être phobique à n'importe quel bruit. Néanmoins, les phobies de l'orage, des pétards et autres feux d'artifice, des bruits de la ville (voitures, camions, motos, ...), ou des bruits domestiques (sèche-cheveux, aspirateur, perceuse, ...) sont les plus fréquemment rencontrées.

- Les autres phobies

Le chien peut également être craintif vis-à-vis des uniformes, des casquettes, des parapluies, voire des personnes de couleur, ... C'est de cela que proviennent certaines notions comme « les facteurs se font souvent mordre ».

B- Savoir reconnaître une phobie : les symptômes

Ces symptômes peuvent être différents selon les animaux, et exprimés avec plus ou moins d'intensité. Attention, certains sont caractéristiques d'une phobie, alors que d'autres peuvent être rencontrés dans des maladies organiques (les tremblements par exemple).

Ce peut être tout d'abord, un chien qui fait un écart dans la rue. Ou bien un chien qui couche les oreilles et s'aplatit au sol en se mettant à trembler. Il peut aussi chercher à grimper dans les bras de son maître ou refuser totalement d'avancer dans la rue (notamment quand il s'agit d'aller en direction de la clinique vétérinaire).

L'animal peut également chercher à se cacher ou se sauver, ou bien exprimer des signes neurovégétatifs comme haleter, dilater ses pupilles et même faire ses besoins sous lui.

On comprend alors que si le stimulus est rencontré fréquemment, la phobie peut devenir très handicapante pour la vie de tous les jours. C'est, par exemple, le cas du chiot terrorisé par « les bruits de la rue », qui n'ose pas faire ses besoins dehors, ... et ne peut donc pas apprendre la propreté !

3- Les traitements d'une phobie

Comme il est, dans la plupart des cas, impossible de supprimer totalement l'exposition au stimulus entraînant la phobie, il faut procéder par désensibilisation / habituation.

A- Qu'est-ce qu'une désensibilisation ? Une habituation ?

La désensibilisation est un processus qui consiste à rendre insensible un individu à un stimulus qui le faisait auparavant réagir.  On peut désensibiliser à un allergène (acariens, pollens, ...), mais aussi à un bruit, une image, ... La technique utilisée est le plus souvent une habituation, c'est-à-dire le fait d'habituer au stimulus l'individu, de manière très progressive, en en augmentant lentement l'intensité.

B- Un outil intéressant pour traiter les phobies des bruits : les DVD outils de désensibilisation

Les DVD sont à la fois des banque de données de bruitages, des sommes d'informations sur les phobies du chien, et une méthode simple, en images, de désensibilisation du chien. Il s'utilise le plus souvent seul, si possible quotidiennement, et permet de désensibiliser l'animal après une période de 15 jours à un mois. Il peut aussi relayer les conseils du vétérinaire ou du comportementaliste pour permettre de travailler à la maison.

C- Place du vétérinaire comportementaliste et de l’éducateur canin dans le traitement des phobies

Quand les phobies sont très handicapantes, que le traitement par habituation seul ne semble pas fonctionner, ou bien qu'il y a urgence à soulager l'animal, alors il faut faire appel à un spécialiste du comportement qui va aider, soit simplement par des conseils de resocialisation du chien en extérieur, ..., soit pour le vétérinairepar une association de conseils, de médicaments anxiolytiques et de phéromones, afin d'accélérer la guérison. Les phobies sont fréquentes et résultent le plus souvent d'un défaut de socialisation.  Les symptômes exprimés peuvent être relativement handicapants dans la vie de tous les jours, d'autant plus que le stimulus déclenchant est rencontré fréquemment.