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Relations Homme / Chien

Vivre avec un chien, élever des enfants avec des chiens, côtoyer des chiens dans sa vie quotidienne…  sont autant d’occasions de construire sérieusement une relation équilibrée respectant à la fois les besoins naturels du chien et les exigences  de notre vie en société. Trouvez dans ces textes les informations, conseils et témoignages qui vous y aideront.

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Relations Homme / Chien

Aider son chien à guérir avec l’aide du vétérinaire

Qui ne s'est pas posé la question, lors de l'hospitalisation de son chien, de savoir s'il était inquiet, s'il se sentait perdu, s'il avait mal, s'il allait guérir...

Il apparaît évident que, pour tout être vivant sensible, l'état physique et mental est fortement déséquilibré lors de maladie, d'accident, l'individu étant transplanté du lieu de vie quotidien au lieu de soins, inévitablement anxiogène. La meilleure façon de minimiser cet état passe par la compassion, la recherche permanente du bien-être animal.

Comme chacun l'a probablement déjà vécu avec son animal de compagnie, la maladie ou l'accident, lorsqu'elle touche son petit compagnon, est une période difficile à vivre, particulièrement lors de son hospitalisation. À cela, plusieurs raisons :

- la première, évidente, est l'incertitude quant à l'état de l'animal, en d'autres termes : « va-t-il s'en sortir ? »
- la seconde, qui est liée à la première, peut se résumer par une question : « souffre-t-il ? » Tant il est vrai que le fait d'imaginer un animal, par définition innocent, ressentir de la douleur et inquiet d'un environnement inconnu sans pouvoir se plaindre, est pénible à supporter.
- la troisième, inévitable dès lors que l'animal n'est pas couvert par une bonne mutuelle de santé : le coût des soins, souvent difficile à assumer. La maladie et, a fortiori, l'accident arrivent brusquement et le budget nécessaire aux soins n'a pas forcément été mis de côté.

Bien-être : un impact démontré sur la santé

Pour répondre positivement à ces trois préoccupations on ne peut plus légitimes, la garantie du bien-être animal lors de sa période d'hospitalisation représente le secret de sa guérison dans une moindre souffrance et le plus rapidement possible. Ce bien-être fait l'objet de nombreuses recherches et publications aujourd'hui, pour démontrer les bienfaits du contrôle de tel ou tel paramètre environnemental sur les constantes physiopathologiques de l'animal.

Mais commençons par le commencement : l'animal hospitalisé doit se sentir, faute d'y être, un peu comme chez lui. Pour cela, on cherchera à restituer, dans l'espace restreint qu'est son box d'hospitalisation, ses habitudes quotidiennes, après avoir questionné les maîtres à ce sujet : que mange l'animal, à quel rythme, sur quoi dort-il, comment fait-il ses besoins ? Chaque détail peut avoir son importance pour obtenir une certaine sérénité chez l'animal hospitalisé, inévitablement anxieux. Il faut noter que cette reconstitution a ses limites, comme par exemple celle de chercher à créer une chambre à coucher lorsque l'animal dort sur le lit !

Des goûts et des odeurs familiers

Les aliments proposés lors du séjour en clinique vétérinaire seront bien sûr les plus adaptés qualitativement et quantitativement.
Le couchage, confortable, aidera également le patient à se sentir mieux. L'objet ou le vêtement que les maîtres laissent, loin d'être ridicule ou anthropomorphique, rassure obligatoirement l'animal, toujours sensible aux odeurs familières.

Des paroles et des caresses rassurantes

Régulières, les promenades permettront au chien de ne pas avoir à se retenir. Mieux, les promenades sur l'herbe sont souvent le seul support sur lequel la chienne acceptera de faire ses divers besoins. Enfin, comme dans la vie de tous les jours, les échanges verbaux rassurants et les caresses contribuent bien évidemment à restaurer un équilibre psychologique pour l'animal dont l'équilibre physique fait provisoirement défaut

Ainsi, les soins strictement médicaux ou chirurgicaux, indispensables, doivent absolument être accompagnés des bases élémentaires de l'hygiène de vie quotidienne, aidant le patient à guérir mieux et plus rapidement.

Évaluer et prendre en charge la douleur

Un autre aspect, essentiel, du bien être concerne l'évaluation et la prise en compte de la douleur chez le patient ayant subi un traumatisme physique, une intervention chirurgicale, ou étant atteint d'une pathologie générant de la douleur. La première difficulté vient du fait que l'animal n'a pas la parole et ne se plaint pratiquement jamais. Or, contrairement à ce que l'on entend souvent - « l'animal ressent moins la douleur que l'être humain, il la supporte mieux » -, le chien, le chat, l'oiseau ou tout autre animal doté d'un système sensitif et d'un cerveau enregistrent une stimulation douloureuse. On doit absolument se souvenir qu'il n'y a pas si longtemps (un siècle ou deux), on considérait que les bébés ne ressentaient pas la douleur puisqu'ils ne l'exprimaient pas. En effet, un bébé qui a faim, qui a soif, qui a sommeil ou qui a un mal de tête « à rester coucher » ne fera toujours que pleurer et rester précisément couché, puisque, de toute façon, il ne sait pas encore se lever.

Les signes les plus évidents

Ainsi, il est inutile d'attendre que le chien émette une vocalise (allant du gémissement à l'aboiement ou au miaulement) pour juger qu'il souffre. Par contre, il faut reconnaître les changements d'attitude qui vont amener à supposer, puis à confirmer la manifestation douloureuse pour pouvoir la réduire, voire la supprimer.

Les signes les plus évidents de douleur sont la réduction d'activité, laquelle peut aller jusqu'à la prostration et l'hyporexie ou anorexie (diminution ou arrêt de la prise de nourriture). Le chien va rester couché, répugne à sortir pour ses besoins et mange moins. L'absence de spécificité de ces signes nécessite de les compléter par d'autres observations pour caractériser l'état de souffrance physique et employer, dans ce cas, les antalgiques adaptés.
L'apparition d'un comportement agressif inhabituel doit poser la question d'une douleur. Le chien qui ne veut pas se lever pourra grogner si l'on cherche à le déplacer et mordre s'il souffre intensément.

Des manifestations parfois ténues

Des signes plus discrets tels que les réactions pupillaires, les postures corporelles sont aussi utilisés pour juger de l'intensité de la douleur, de manière à adapter au mieux le choix et la posologie des molécules antalgiques. En cas d'hospitalisation, la règle générale sera de ne pas attendre que l'animal manifeste un ou plusieurs signes de souffrance pour le soulager, et ce pour deux raisons. La première est liée à la pathologie ou l'intervention : si elles sont reconnues comme obligatoirement douloureuses, l'antalgie doit être systématique. La deuxième concerne les « stoïques » : certains animaux expriment trop peu de signes extérieurs, il faudra donc imaginer leur douleur.

Ainsi, c'est par le recueil d'information et l'observation de nos petits patients que l'on tente, jour après jour, d'assurer leur bien-être afin de leur apporter une guérison sûre, rapide et indolore, lorsque cela est possible.