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Soins

Le bien-être des chiens, et donc leur bon équilibre à la fois physique et psychique, passe par les soins de base que vous devez impérativement leur prodiguer. Il s’agit de prévention des maladies, d’alimentation, de sport, de toilettage, d’aménagement du foyer… Vous trouverez dans ces textes les informations, conseils et témoignages qui vous aideront à tout prendre en compte.

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Soins

Puces, je les combats toute l'année !

Mon animal se gratte… Il a des puces ?

Peut-être mais peut-être pas. En effet, les puces ne sont pas toujours faciles à détecter. Elles vivent le plus souvent bien cachées dans le pelage de nos amis et se déplacent rapidement. Recherchez-les en rebroussant le poil de la queue vers le cou. Sinon sachez que ces parasites se nourrissent de sang. Après l’avoir digéré, les puces laissent de petites crottes noirâtres en forme de virgule dans le pelage. Si vous observez des petits  grains noirs sur votre animal, il est probablement infesté de puces. Pour le vérifier, il suffit de déposer ces débris sur un papier absorbant blanc et de mettre une goutte d’eau dessus : si une auréole rouge se forme autour, cela signifie qu’ils contiennent du sang et donc que des puces sont présentes. Si vous avez le moindre doute, consultez votre vétérinaire. Et là tout commence,  car voir une puce ou ses déjections, c’est signe que non seulement votre animal mais aussi son lieu de vie en est infesté ! 

Mais qu’est ce  qu’une puce ?

Les puces sont des insectes parasites sans ailes, de petite taille (entre 1 et 6 mm). De couleur brune à noirâtre, elles ont un corps aplati et peuvent ainsi se faufiler entre les poils de nos compagnons. Elles possèdent aussi des pattes puissantes qui leur permettent de faire des bonds de près de 30 cm de haut si nécessaire.

Il existe plus de 2000 espèces de puces dans le monde. La puce du chien et la puce du chat sont deux espèces de parasites différents. En France,  la plus commune (près de 90 % des cas) est celle du chat qui est capable d’infester toutes sortes d’animaux. Il s'agit de Ctenocephalides felis. C’est un insecte piqueur-suceur qui se nourrit du sang de son hôte après avoir injecté un anticoagulant. Elle peut ainsi absorber jusqu’à 15 fois son propre poids de sang frais par jour ! Ce repas sanguin est vital pour une puce adulte, sa survie en cas de privation n’est guère que de 3 jours.

Un cycle de vie… infernal

Bien à l’abri sur votre animal, les puces s’accouplent et pondent des œufs (de 20 à 50 par femelle et par jour !!!). On estime ainsi qu’une puce femelle peut engendrer plus de 2500 nouvelles puces pendant sa vie. Le cycle va durer de 12 jours à plus de 6 mois, en fonction des conditions de température, d’humidité et de rencontre avec un hôte accueillant.

L’œuf, pondu humide sur l’animal, sèche en environ deux heures et se dissémine dans le milieu extérieur partout où votre animal se déplace. En quelques jours, cet œuf évolue en larve. Celle-ci se déplace au sol afin de s’enfouir entre les lattes des planchers, au fond de vos tapis, dans le moelleux de votre moquette ou sur la couche de votre animal.

Elle se métamorphose alors en nymphe puis en puce pré-adulte, protégée dans un cocon extrêmement résistant. Cette forme d’attente peut survivre plusieurs mois en attendant le passage d’un hôte animal. L’arrivée d’un être vivant à proximité déclenche l’éclosion de la jeune puce qui saute immédiatement dessus pour le parasiter.

La source principale de contamination : l’environnement

Bien que la puce soit un parasite sauteur, il est rare qu’un animal soit contaminé directement par un autre animal simplement en le croisant lors d’une promenade. C’est en se déplaçant dans un environnement infesté par des cocons de puces que votre animal se fait parasiter. Attention, les cocons peuvent survivre à des températures très différentes (entre 5 et 35°C).

Il n’y a plus de saison !

Même si c’est en été que l’on constate les pics d’infestation des animaux domestiques,  les  chauffages de plus en plus performants de nos habitations, les matériaux de sol de plus en plus douillets (moquette), nos canapés confortables, sans oublier nos voitures chauffées, sont autant de sites d’éclosion opérationnels toute l’année.

Retenez ces chiffres : Les puces adultes vivant sur un animal représentent seulement 5 % de la population totale des parasites… Les 95 % restant sont invisibles dans votre environnement sous forme de larves ou de cocons prêts à ré-infester votre animal.

Les puces, un vrai problème de santé !

Les puces constituent un véritable fléau, leur présence sur vos compagnons est un problème de santé et cela pour plusieurs raisons.

La piqûre de puce est irritante mais votre animal peut parfois ne présenter que de simples démangeaisons sans lésion ni piqûre apparente. Il se lèche, sa peau desquame et le phénomène ne peut qu’empirer.

Plus grave, chez certains individus, la piqûre provoque une réaction allergique de la peau  avec démangeaisons, rougeurs et petits boutons qui peuvent s’infecter. On parle alors de dermatite par allergie à la salive de puce ou aux piqûres de puces  (DAPP ou DHPP). L’animal se gratte alors en permanence jusqu’à en perdre ses poils. Les lésions de la peau, souvent situées en région dorso-lombaire, s’aggravent. Le grattage retarde toute guérison.

Un chien ou un chat sensibilisé à la salive de puce, le sera en permanence. Il devient alors vital de maintenir l’animal sous traitement antiparasitaire en permanence, sous peine de rechute. Il est aussi indispensable de traiter tous ceux vivant à ses côtés.

En cas d’infestation massive, la quantité de sang prélevée par les puces peut provoquer chez  votre animal une anémie et donc l’affaiblir.

Enfin, en se léchant ou en se mordillant, certains animaux peuvent avaler une puce porteuse d’une sorte de ténia : Dypilidium caninum. Ces vers sont à l’origine  de  troubles digestifs.

Comment se débarrasser de ces individus gênants ?

Tout d’abord quelques conseils de bon sens :

La prévention est, et demeure le moyen le plus efficace pour lutter contre les puces. Commencez le traitement avant de voir des puces !

De nombreux produits antiparasitaires existent sur le marché mais tous ne sont pas d’une même efficacité. N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire. 

Appliquez correctement le produit sur la peau et non sur le poil de l’animal

Il faut bien sûr prendre en compte l’animal (chien ou chat), son mode de vie et son niveau d’exposition parasitaire. Il faut traiter l’ensemble des animaux vivant sous le même toit.

Si la priorité est l’anéantissement rapide des puces sur l’animal pour éviter les piqûres en nombre et ainsi limiter les risques d’allergie, la prise en compte de l’habitat, comme nous l’avons vu, est fondamentale pour éviter la ré-infestation.

Face à une infestation massive, privilégiez une lutte intégrée c'est-à-dire la multiplication des moyens de lutte pour vous débarrasser définitivement de ces parasites tant sur l’animal que l’environnement.

Première mesure : Appliquer un anti parasitaire d’action rapide et durable (attention à choisir un produit résistant à l’eau, notamment pour les chats qui sortent régulièrement), afin de tuer les puces vivant sur l’animal. De plus, toute nouvelle puce arrivant sur votre animal sera tuée dans les 24 heures suivantes.

Deuxième mesure : Ne pas oublier les stades larvaires présents dans l’ensemble des sites d’éclosion, afin de vous préserver de ré-infestation. Pour cela, il est utile d’appliquer à votre animal un régulateur de croissance des parasites, permettant d’éviter la multiplication de nouvelles générations de puces dans son environnement de vie. Le principe est simple : ces molécules ne détruisent pas les puces adultes mais limitent la ponte des œufs et empêchent le développement des larves. Ces produits existent par voie orale, ou en spot-on, associés ou non à un insecticide.

Troisième mesure : En cas de pression parasitaire très élevée, il vous faudra traiter directement votre intérieur pour réduire la population de puces. Pour cela passer tous les jours l’aspirateur en allant bien sûr dans tous les recoins (plinthes, placards et dessous de lits notamment).

L’utilisation de produits spécifiques de l’habitat peut s’avérer nécessaire. Pulvérisateurs ou aérosols- fumigènes ils doivent être utilisés dans toutes les pièces ou lieux auxquels votre animal a accès, en prenant soin de bien respecter les conditions d’utilisation. En cas d’échec, il peut être nécessaire de faire appel à une société spécialisée dans la désinsectisation des habitations.

En conclusion, contre les puces pas de pitié.

Anticipez et traitez régulièrement toute l’année, avant que votre animal ne soit infesté.

Associez un produit pour traiter votre animal à un traitement permettant d’assainir puis de protéger son environnement de vie contre l’infestation par les cocons de puces

N’hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire. Rappelez-vous, les puces ne sont pas un problème d’hygiène mais bien un problème de santé, à prendre au sérieux.