L'essentiel de l'INFORMATION Icone rubrique L'essentiel de l'Information

DERNIÈRE MINUTE

imprimer
Partager
Twitter Facebook Google Plus Linkedin email
Actualités

Chiens démineurs au Sénégal

Créée en 1982, Handicap International est une association de solidarité internationale indépendante, qui intervient dans les situations de pauvreté et d'exclusion, de conflits et de catastrophes.

Oeuvrant aux côtés des personnes handicapées et des personnes vulnérables, elle agit et témoigne pour répondre à leurs besoins essentiels et améliorer leurs conditions de vie. Elle a fait de la lutte contre les mines antipersonnel et de l’assistance aux victimes son combat historique, pour lequel elle a été récompensée par le Prix Nobel de la Paix en 1997. Handicap International est en effet l’une des six associations fondatrices de la Campagne internationale pour interdire les mines (ICBL), qui a permis d’aboutir à l’adoption du Traité d’Ottawa, convention internationale qui interdit les mines antipersonnel.


Libérer la Casamance de la menace des mines, un enjeu de développement crucial


Région du Sud-Ouest du Sénégal, La Casamance a été, depuis 1982, ravagée par les affrontements entre l’armée sénégalaise et les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Aujourd’hui, même si le conflit semble s’éteindre lentement, les populations restent confrontées à la menace des mines.
Présente depuis 1995 au Sénégal, Handicap International a lancé début décembre un programme de déminage en Casamance. La première opération a lieu dans le village de Diagnon, à l’est de Ziguinchor, et vise à libérer 30 000 mètres carrés de la présence des mines, armes barbares qui tuent et mutilent principalement des civils.
Les opérations de déminage menées par Handicap International répondent à d’importants enjeux de développement économique et social. En effet, ces activités amélioreront l’accessibilité des villages enclavés et rendront possible la reconquête des terres agricoles : « Pour vivre, de nombreux villageois ont besoin de cultiver les champs qu’ils ont abandonnés quand ils ont fui avec leurs villages parfois pendant plusieurs années à cause du conflit. Maintenant qu’ils sont de retour, ils n’osent toujours pas s’y aventurer », explique Charles Coly, le chef d’équipe démineur de Handicap International.


Les chiens détecteurs de mines, un flair unique pour sauver des vies


Les chiens détecteurs de mines sont devenus, depuis plus de dix ans, de fidèles compagnons de Handicap International pour lutter contre les mines.
Contrairement aux détecteurs de métaux, qui « sonnent » même pour un objet en métal inoffensif, leur flair unique permet aux chiens de « marquer l’arrêt » à proximité de la moindre odeur d’explosif. Pour ces opérations, l’équipe cynophile – deux chiens et un maître-chien – joue un rôle central : « Les chiens sont plus efficaces que les détecteurs de métaux, plus rapides aussi, et ils sont également précieux car nous tombons souvent sur des PRBM 35, une mine qui ne contient pas de métal et que ces instruments ne peuvent pas détecter », ajoute Aziz, le
chef des opérations de déminage de Handicap International au Sénégal.


Chien et démineur : un travail d’équipe


La synergie entre l’homme, l’animal et la machine assure une action de déminage efficace. Concrètement, les machines effectuent d’abord un premier débroussaillage, puis les chiens interviennent. S’ils détectent une odeur d’explosif, leur maître marque alors la zone et fait appel à un démineur manuel pour sonder la zone et identifier l'objet. Dès lors, ce démineur peut pénétrer sur la parcelle sécurisée, fouiller délicatement chaque centimètre carré de la zone indiquée par le chien et neutraliser l’engin explosif qui s’y cache.


La sécurité des chiens démineurs, une priorité


Les chiens démineurs sont formés à détecter les explosifs pendant six à neuf mois, après avoir été choisis pour leur comportement mature, intelligent et obéissant. Ils continuent ensuite à être entraînés pendant toute leur carrière pour qu'ils restent efficaces. Avant le début de chaque opération, le maître-chien vérifie leur bonne condition physique sur un espace d’entraînement dédié. Les chiens éprouvent d’ailleurs un plaisir naturel et bien réel à participer à ces activités de déminage. Chercher, puis trouver un objet caché ou lancé est un comportement inné chez le chien. Une journée sans trouver de mines restera toujours frustrante pour un chien ! C’est d’ailleurs pourquoi, régulièrement, les chiens sont entraînés à repérer des mines fictives, source de grande satisfaction et d’encouragement pour eux.


Maître et chien, une relation fusionnelle


Katja, un berger malinois âgé de 9 ans, et son maître-chien démineur, Jonathan Matambo, ont rejoint l’équipe de déminage de Handicap International au Sénégal.
Katja n’est pas novice dans la détection d’explosifs. Elle a déjà un palmarès impressionnant sur de nombreux terrains d’intervention en Afrique : Kenya, Soudan du Sud, République démocratique du Congo... Des dizaines d’engins explosifs ont été détectés et de nombreuses vies épargnées grâce à son odorat hors pair. Elle forme avec Jonathan un duo inséparable.
Jonathan avait vingt ans quand il a commencé à travailler comme démineur. En 2007, après quatre années de déminage manuel, il profite d’une formation pour devenir maître-chien démineur : « J’ai la chance de combiner deux choses que j’aime dans la vie : le déminage et la compagnie des chiens. Katja est comme une deuxième famille lorsque je suis loin des miens. »
Sur le terrain, Jonathan est attentif aux moindres signes d’alerte de Katja et veille à ne l’exposer à aucun risque. Après une journée de travail, le maître-chien la chouchoute, lui lance la balle, la brosse, la promène. « Ma relation avec les chiens est un peu fusionnelle mais elle doit rester professionnelle, précise-t-il. »

www.handicap-international.fr